L’art de respirer

Le premier acte de la vie est une inspiration.
Le dernier acte de la vie est une expiration.
Pierre – Valentin Marchesseau

Vous est-il déjà arrivé de voir une personne âgée intubée pour recevoir de l’oxygène ?
Si tel est le cas, avez-vous vu à quel point cela est difficile pour la personne de s’exprimer ?
Ce week-end, j’ai revu Camille, magnifique femme âgée de quatre-vingt quatorze ans.
Depuis cet été, elle est intubée pour recevoir de l’oxygène.
Elle tenait beaucoup à me parler et en l’entendant, j’ai constaté à quel point cela lui était douloureux: beaucoup d’oxygène pour très peu de mots exprimés.
La revoir dans cet état m’a rappelé que décidément sans le souffle, l’être humain n’est pas.
Et oui, le premier organe qui nous permet de vivre n’est pas le cœur mais bel et bien les poumons. En effet, avec les jeûnes, on peut rester plusieurs jours sans boire ou sans manger mais on ne peut rester plus de trois minutes sans oxygène.

« La respiration est une véritable nutrition gazeuse et l’air est notre premier aliment. »
dixit Pierre-Valentin Marchesseau fondateur de la naturopathie.

Prendre conscience de ses poumons peut se faire en chantant.

En yoga, le chant du souffle, c’est à dire le « prana » qui est cette énergie pure contenue dans l’air qui anime toute vie, se fait sur le mantra HAMSA.

La tradition dit que notre corps répète de façon inlassable ce mantra deux mille six cent fois par jour, à chaque cycle inspire-expire correspondant   respectivement à ces deux syllabes.

Le son HAM qui est aussi celui du cinquième chakra, dit de la gorge, capte l’énergie vitale et le son SA guide avec précision le souffle vital dans tout le corps. Pendant plusieurs cycles respiratoires, sur l’inspire, pensez HAM et sur l’expire SA.

Le poumon : quel est cet organe ?

L’homme est doté d’un poumon droit qui est séparé en trois lobes supérieur, moyen et inférieur ainsi qu’un poumon gauche qui a deux lobes supérieur et inférieur et qui est plus petit pour laisser de la place au cœur.
La trachée se sépare en deux bronches, chacune se dirigeant vers un poumon. À l’intérieur des bronches, des bronchioles dotées de conduits alvéolaires amènent aux alvéoles. Ces dernières sont les lieux où se font les échanges gazeux entre l’air et le sang.

Celle-ci est double.

Premièrement, leur fonction est de permettre les échanges gazeux entre le corps humain et l’air ambiant. Ces échanges ont lieu au niveau des alvéoles, où le sang est enrichi en oxygène et appauvri en dioxyde de carbone.
Le sang riche en dioxyde de carbone est apporté par l’artère pulmonaire du ventricule droit du cœur. Pour assurer l’oxygénation des tissus pulmonaires, des artères bronchiques apportent du sang riche en oxygène.
L’inspiration est assurée par les muscles intercostaux et le diaphragme. La dépression qui en résulte produit un appel d’air qui remplit les poumons.
L’expiration est un phénomène passif, consécutif au relâchement musculaire, bien qu’il soit possible de forcer l’expiration grâce aux muscles abdominaux et intercostaux.
Deuxièmement, ils ont un rôle d’élimination. Ils servent de relais pour l’élimination hépato-bilio-intestinale, en cas d’insuffisance hépatique et de suralimentation.

Les poumons vont prendre la relève du foie et va alors apparaître rhumes, toux saisonnières, bronchites.

C’est en ayant un foie en forme que les poumons seront dispensés de cette deuxième fonction.

Il existe deux types de respiration : celle par voie haute, dite respiration thoracique et celle par voie basse, appelée respiration abdominale.
Lors de la respiration thoracique, les poumons se remplissent d’air et le ventre se creuse. La respiration est courte et irrégulière. Elle amène peu d’oxygène dans les poumons et des ondes cérébrales assez courtes. Elle n’est pas assez nutritive.
Lors de la respiration abdominale, l’air entre par le nez, entre dans les poumons, le diaphragme s’abaisse pour laisser la cage thoracique s’ouvrir au maximum. L’abdomen gonfle, les côtes flottantes s’écartent ainsi que les muscles du bas du dos. À l’expire, l’abdomen se vide, l’air ressort par le nez ou la bouche.
Lors de la respiration abdominale, l’inspire est plus profond, une plus grande quantité d’oxygène entre dans le corps.
Cette respiration abdominale permet :
Une meilleure circulation du sang
De meilleurs échanges
Une meilleure nutrition des cellules, du cerveau…
De créer des ondes cérébrales plus longues, favorisant une plus grande détente.

De par le travail et le mode de vie, certains peuvent être stressés, tendus et même oublier de respirer. Ils pratiquent la respiration thoracique et par ce biais ne se détendent pas suffisamment.

Je vous propose de mettre en pratique quatre jeux respiratoires, avec ou sans sons.
Le premier permet de sentir sa respiration abdominale:
Allongez – vous,  respirez en étant tranquille et mettez une main sur la partie de votre corps qui bouge le plus.
Si c’est en haut, alors vous êtes avec une respiration thoracique, si c’est au niveau du ventre, c’est la respiration abdominale qui l’emporte.
Pour sentir cette dernière, mettez une main sur votre ventre et sentez que ce dernier monte vers le ciel à l’inspire et redescend vers le bas à l’expire.

Exagérez cette respiration en gonflant au maximum votre ventre et soufflez tout d’un seul coup. Faites ça deux ou trois fois puis refaites le en expirant le plus longtemps possible.


Le deuxième permet de sentir le diaphragme jouer avec le ventre lors de la respiration abdominale: le jeu de l’ombrelle :

Placez – vous debout, ancrez-vous bien au sol en sentant le poids de vos orteils et vos talons s’enraciner et fléchissez un peu les genoux.
Placez une main paume vers le sol un peu en dessous de la poitrine, sans la toucher.
Votre paume représente votre diaphragme.

Inspirez, votre paume descend.
Maintenez la pression du souffle. Chantez un son long et sentez que votre paume résiste le plus longtemps possible avant de remonter lentement lorsque votre son n’est plus nourri suffisamment par votre respiration. Continuez et visualisez bien votre diaphragme comme une ombrelle qui couvre la région abdominale. Sur chaque inspire, il place les viscères vers l’avant et vous avez alors la sensation que votre ventre gonfle.


Le troisième jeu respiratoire est le suivant :

Positionnez-vous debout, jambes écartées, les bras le long du corps.
À l’inspire, levez les bras et placez-les sur la tếte.
Sur l’expire, penchez-vous sur un côté, pas trop bas et en regardant devant vous.

À l’inspire suivant, redressez-vous en imaginant que vous gonflez vos côtes et que c’est cette action qui permet de vous redresser. Assurez-vous de conserver les épaules baissées.

À l’expire, penchez-vous de l’autre côté, toujours en regardant face à vous.

À l’inspire, redressez-vous en imaginant que ce sont vos côtes qui se gonflent .

À l’expire, baissez les bras le long du corps.

Ce jeu développe votre ceinture abdominale.


Le dernier jeu permet de jouer avec l’air inspiré entre les poumons et la partie abdominale. C’est le baratage du diaphragme :

Allongez-vous, placez une main sur le ventre, inspirez en gonflant le ventre sans que ça bouge en haut et bloquez votre respiration poumons pleins.
Faites passer l’air inspiré au niveau des poumons en creusant le ventre : laisser l’air monter comme une vague en ayant les épaules détendues.
Redescendez l’air des poumons au niveau du ventre.
Faites ce mouvement plusieurs fois de suite et… Soufflez !

Refaites le baratage du diaphragme six/sept fois de suite avant de tout souffler.

Et debout ? Eh bien, c’est le même exercice et peut-être cela sera-t-il plus difficile pour commencer.

Tenez-moi au courant.
Le baratage peut vous amener des tournis et cela s’explique par le fait que vous venez de vous faire ventiler !
Ce jeu permet une meilleure circulation sanguine, une meilleure nutrition des cellules. Il est très bénéfique pour le cerveau et permet un auto-massage émotionnel.


Pour écrire ces articles, je me suis aidée de deux livres :
« Les poumons » de Pierre-Valentin Marchesseau
« La voix qui guérit » de Philippe Barraqué.

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